C’est un drôle de deux-roues. Il ressemble à un vélocipède grand-bi du XIXe siècle, mais en version réduite, avec les roues inversées, soit la petite devant et la grande, surmontée d’une selle, à l’arrière. Ce Velocino, remis récemment au goût du jour par une entreprise italienne, est l’une des curiosités que présente Arturo Morell dans le magasin de cycles qu’il a ouvert il y a deux ans à Rolle.

Dans sa devanture, à côté du vélo de course ou du VTT dernier cri, trônent des bécanes pour dames, ornées de panier en osier ou de sacoche à fleurs. Des cycles neufs «vintage» qui tranchent avec le robuste vélo des neiges monté de gommes crénelées épaisses comme le bras ou la très épurée bicyclette allemande high-tech, dont la chaîne a été remplacée par une courroie.

 

C’est que le patron de Bikespot ne se contente pas de vendre des deux-roues. «En offrant des spécialités, je veux redonner aux gens le goût du vélo, stimuler le plus de personnes possible à utiliser ce moyen de déplacement autrefois si courant», explique Arturo Morell, très concerné par l’environnement et le développement trop lent de la mobilité douce en Suisse romande. Pour motiver sa clientèle, il répare et peut relooker n’importe quel engin, notamment les vieilles bicyclettes qui ont fini à la cave mais qu’on ne veut pas jeter pour des raisons affectives. «Car un bon vélo, c’est beau et ça ne se jette pas à la poubelle. On peut le garder plus de cent ans, comme cet ancien vélo militaire de 1915 que j’ai retapé pour un client.»

 

Passion d’enfance - Si le marchand a fait de son échoppe une «usine à plaisirs», c’est que cet ancien contrôleur de gestion s’est reconverti sur le tard dans le commerce du vélo. Né à Porto Rico il y a quarante-neuf ans, il a étudié le commerce international en Californie avant de venir en Suisse, attiré par son modèle économique, mais aussi et surtout par une jolie Saint-Galloise rencontrée sur une plage des Caraïbes, devenue sa femme.

Il a travaillé ici pour cinq multinationales, dont Philip Morris et Logitech. En 2011, arrivé à la limite du burnout, il a décidé de tout quitter. «A 12 ans, à Porto Rico, j’allais déjà récupérer des vélos à la décharge pour les réparer. Je me suis rendu compte que ce que j’aimais faire, ce sont mes hobbies, comme le bricolage, la mécanique, le sport et la nature. Alors j’ai eu l’idée d’ouvrir un magasin de cycles après une visite en Italie, où le vélo n’est pas qu’un produit de sport ou de haut standing, comme en Suisse, mais un ustensile pratique de la vie quotidienne.»

A l’image de ce Velocino, de la marque Abici, réplique moderne de la petite bicyclette créée sous Mussolini, dans les années 1930, par Ernesto Pettazzoni. Petite, légère, elle offrait alors aux Italiens un moyen pratique de se déplacer en ville. Si son guidon n’est plus sous les fesses, mais devant, c’est un vélo urbain, facile à porter à la main pour monter un escalier. «Ce que je cherche, c’est le retour à la simplicité. Avec la collection vintage pour dames, on est loin de l’électronique. Il n’y a que trois ou quatre vitesses.» Idem pour l’élégant Schindelhauer à courroie, mariage entre innovation et tradition, avec des vitesses intégrées aux moyeux. (24 heures)

https://www.24heures.ch/vaud-regions/la-cote/Je-voudrais-redonner-aux-gens-le-gout-du-velo/story/25450328

 

 

 

Article apparu dans le 24 heures publié le 30.07.2015

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